Le mécénat au service de l’autonomie : quand un don permet la remise d’un chien guide

Derrière chaque chien guide remis à une personne déficiente visuelle se cache une véritable chaîne de solidarité. Donateurs, associations, bénévoles et bénéficiaires : chacun joue un rôle essentiel pour rendre possible cette rencontre.

La récente remise d’un chien guide nommé Uston a ainsi mis en lumière un engagement particulier : celui de Claude Moreno, mécène, accompagné par la Fondation Valentin Haüy et des bénévoles.
Une mobilisation collective qui illustre concrètement comment un geste de générosité peut transformer le quotidien d’une personne déficiente visuelle.

Une rencontre rendue possible grâce à une chaîne de solidarité

Pour les personnes déficientes visuelles, la démarche commence souvent par une décision personnelle : celle de demander un chien guide.

Comme l’explique Michèle Champeaux, la Présidente du comité Valentin Haüy de Reims, ce sont les bénéficiaires eux-mêmes qui prennent l’initiative de contacter une école de chiens guides.

« Les personnes qui recherchent un chien guide contactent elles-mêmes une école. Elles viennent en disant qu’elles ont demandé un chien guide à l’école de Coubert par exemple . Et de notre côté, nous nous adaptons à leur choix. »

Le rôle des associations est alors d’accompagner cette démarche, de soutenir la personne dans son projet et de créer des ponts avec les différents acteurs qui rendent cette aventure possible.

Le choix d’un mécénat concret

Si cette rencontre est possible aujourd’hui, c’est aussi grâce à un mécène : Claude Moreno.
Pour lui, soutenir un chien guide s’est imposé naturellement.

« J’ai décidé de financer un chien guide pour une raison précise : c’est quelque chose de concret. »

Former un chien guide représente en effet plusieurs années de travail et un investissement important. Sans la générosité des donateurs, de nombreux projets ne pourraient tout simplement pas voir le jour.

Sylvain Nivard, Président de l’Association Valentin Haüy le rappelle :

« Le don de Claude est évidemment précieux. C’est une chaîne de solidarité. Aujourd’hui, sans la générosité des donateurs, on ne ferait pas grand-chose. Plus de la moitié des dépenses de l’association dépendent des dons et des legs que nous recevons. »

Un engagement qui vient compléter celui des bénévoles et souligné par Michèle Champeaux :

« C’est évident que si nous n’avions pas de bénévoles, nous n’aurions pas de comité.
Ce sont eux qui font tourner les choses. »

Une cérémonie pour célébrer l’engagement collectif

Au-delà de l’émotion du moment, cette remise de chien guide est aussi un temps de rencontre.

« Cette cérémonie permet aux personnes de se rencontrer », explique le Président de l’association. « Le travail que nous faisons entre associations est important. C’est aussi un moment pour motiver les bénévoles. »

Pour Claude Moreno, mécène du projet, l’émotion est bien réelle.

« J’étais très ému. C’est la première fois qu’une cérémonie pareille se passe. Voir Uston, voir Geoffray aussi, c’est quelque chose d’important. »

Mais ce qui l’a marqué, c’est aussi l’esprit qui entoure cet événement.

« Ce qui est important, c’est de faire connaître aux autres la possibilité qu’ils ont d’aider par différents moyens. »

Encourager de nouveaux mécènes

Aujourd’hui encore, les besoins restent importants comme le rappelle Sylvain Nivard :

« Il y a encore trop peu de chiens qui sont offerts aux personnes déficientes visuelles.
Beaucoup de personnes restent isolées, par peur d’avoir un accident et n’osent plus sortir. Grâce aux chiens guides, elles peuvent repousser ces limites et retrouver un lien avec l’extérieur. »

Pour Claude Moreno, le message est simple.

« Je veux que des gens s’engagent. En France, nous avons la chance d’avoir des déductions fiscales : on peut donner, quel que soit le montant. Mais s’engager, c’est aussi donner de son temps et rencontrer des personnes déficientes visuelles. »

Et il conclut par ce qui l’anime profondément :

« J’aimerais que les gens aient davantage le sentiment qu’il faut aider les autres.
Pour moi, c’est essentiel. »

Un engagement qui rappelle que derrière chaque chien guide remis, il y a avant tout des femmes et des hommes qui choisissent d’agir pour les autres.